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Projet Padeck (Programme d'Action et de Développement pour le Congo-Kinshasa)

Contexte : République Démocratique du Congo
1. Pays : République Démocratique du Congo
Capitale : Kinshasa
Population : 60,8 millions (2005)
Superficie : 2.345.410 Km2
Monnaie : Franc congolais
Langue officielle : Français

Après la pluie vient le beau temps, dit-on. L’histoire souvent répétitive révèle qu’à la fin des crises sociales de grandes envergures, un vent nouveau, une dynamique progressiste et des bonnes manières réapparaissent dans la société.
Les initiatives tant sur la plan public que privé reflètent un esprit de renouveau auprès d’une population de plus en plus responsable. La construction de l’Europe d’après-guerre, du Japon…sont là des exemples éloquents. Au Congo même, on a assisté à la floraison de petites entreprises de bien de consommation après la rébellion qui suivit l’indépendance du pays en 1960 et l’absence de devise. Un esprit d’entreprise avait favorisé la recherche de solutions locales, jusque vers 1968 avec la réintégration du Zaïre monnaie dans l’économie mondiale.
Au sortir de la guerre civile et de l’instabilité politique qui ont marqué le départ de Mobutu et l’avènement de Laurent Désiré Kabila depuis 1996, l’heure est arrivée pour repartir sur une nouvelle base suite à l’accord de paix signé entre Joseph Kabila, Président de la R.D.Congo et Paul Kagamé, Président du Rwanda pour mettre fin à la guerre à l’est de la République Démocratique du Congo, il y a un an.
L’apport de la société civile tant nationale qu’internationale aura un impact considérable dans le pays, et notamment dans la ville de Kinshasa qui subit l’affaiblissement de la fonction gouvernementale du à des longues années de guerre civile, la stagnation économique, la concentration excessive de la population, l’augmentation de chômeurs, l’instabilité due au délabrement et au manque des infrastructures. La population de Kinshasa a excessivement augmenté durant ces dix dernières années à cause de l’afflux de la population de toutes les provinces, fuyant la guerre pour les uns et les effets de la crise pour les autres. Estimée à 7.500.000 habitants en 2005, la population de Kinshasa serait à ce jour près de 10.000.000 d’habitants, soit plus de deux fois supérieure à celle de toute la République du Congo Brazzaville, voisin.
Dans ce contexte, les Kinois tâchent d’acquérir une parcelle, d’y construire et d’y installer la famille. Aussi les villes deviennent immenses. Des propriétaires coutumiers possèdent des sols, et non les pouvoirs publics. Dès l’achat d’une parcelle, on construit de façon rudimentaire. Chacun élevant ses parpaings, une deuxième maison enveloppe la première. Phénomène d’étalement de la ville de Kinshasa en tache d’huile.
La conséquence de ces constructions anarchiques est que la couverture végétative étant décapée, apparaissent  rigoles, effondrements, routes coupées, maisons tombées dans le ravin. Les cas de Binza Delvaux à côté de la Maternité, de Lemba Salongo (Quartier Bim-Soum), Quartier de Masina sans fil, Quartier Mpasa à Mikondo et d’autres situations encore plus déplorables.
Il est donc urgent de prendre des mesures pour stabiliser la ville de Kinshasa par l’aménagement des infrastructures sociales et économiques afin de réhabiliter l’image de la capitale congolaise, Kinshasa la belle. Fleuron de l’Afrique des années 1960, que le doyen, l’artiste musicien Mundanda avait immortalisé, comme l’occident des noirs.
Contexte : Kinkole
Kinkole est situé dans la commune de Nsele à une quarantaine de kilomètres de la ville de Kinshasa, sur le fleuve Congo. Sa partie occidentale borde les côtes de l’aéroport international de N’djili.
La cité de Kinkole, connue sous l’appellation de la cité des pêcheurs est un coin touristique. Elle abrite souvent les manifestations de réjouissances populaires, valorisant le travail manuel à Kinshasa. C’est une cité rurale située dans la zone agricole de Nsele. La cité est essentiellement constituée de pêcheurs. Cependant, malgré son potentiel halieutique important, capable de nourrir la population kinoise en poisson, l’exercice de la pêche sur le fleuve Congo est aléatoire, compte tenu des méthodes artisanales et rudimentaires encore en usage. La société SAFRICAS y dispose d’un port servant pour le déchargement de grumes et d’approvisionnement en matériaux pour ses chantiers à l’intérieur du pays. Mais la cité dite des pêcheurs n’a pas une embarcation avec capacités de stockage et de conservation de poisson capable de rester ne serait-ce que deux jours sur le fleuve.
La construction des logements à Kinkole aura un double effet :
A. Améliorer les conditions de vie et le revenu ménager ainsi que les compétences organisationnelles des pêcheurs de Kinkole et de Maluku voisin.
B. Permettre la mise en valeur du site touristique et agricole de la Nsele.

A. L’implantation d’un quartier moderne composé des membres de la diaspora à Kinkole va révolutionner les mentalités des pêcheurs dans leurs méthodes de travail d’une part, et d’autre part, en innovant avec des systèmes mutualistes auprès des associations des pêcheurs à l’instar des caisses d’épargnes et des banques agricoles.
Il va sans dire que cette situation va augmenter le niveau de la bancarisation de la population, et permettre des transferts d’argent de compte à compte ou compte à cash avec une mise à disposition pour des tiers, mandataires ou disposant d’un compte au sein de la même banque à moindre frais et avec plus de commodité : virement automatique, serveur téléphonique…
- la possibilité de régler tout ou partie des transactions dans son pays d’origine à partir d’un compte ouvert depuis la France.
- La possibilité d’épargner pour investir dans son pays d’origine tout en préservant la valeur en devise de son patrimoine financier.

B. Le domaine de la Nsele est un parc agro-industriel conçu pour encourager l’activité agricole, situé dans la zone de Nsele à Kinshasa sur la route de Kikwit et de Kenge (RN2). Le domaine de la Nsele a connu une croissance à la fin des années 1960 jusqu’au début des années1980.
Plusieurs cadres européens et chinois furent appelés durant cette période et y ont développé des activités modèles d’élevage et d’agriculture, dont un vaste élevage de poulets en batterie, du bétail, ou encore une importante culture d’ananas, de tomates et autres produits agricoles. Les conserveries d’ananas et de tomates ravitaillaient la ville de Kinshasa à partir de Nsele. Le complexe très imposant et luxueux comportant une pagode chinoise, une luxueuse maison de Mobutu, un vaste parc animalier, une piscine olympique, compta également des pavillons, des salles de réunions, ou salles des fêtes et autres installations typiques dignes d’un centre de congrès.
De l’autre côté de la route se trouvait la cité ouvrière. Ce domaine est laissé à l’abandon après le pillage de 1991. Quelques actions timides sont entreprises par le gouvernement en place dans le but de relancer les activités. En 1997, certains membres du nouveau gouvernement ont occupé le domaine comme lot d’habitation.
Objectifs poursuivis
- Créer et réhabiliter des infrastructures sociales de base dans la périphérie de la ville de Kinshasa en vue de désengorger le centre ville ;
- Favoriser la création d’emplois, seule possibilité de réduire la pauvreté ;
- Accroître l’autonomie des entités décentralisées et des collectivités territoriales, facteurs de la proximité sociale et de la bonne gouvernance ;
La ville de Kinshasa est une des grandes mégapoles d’Afrique qui subit d’une manière grave des problèmes liés à la désintégration socioéconomique, désintégration due à la mauvaise gestion qui a caractérisé le gouvernement de Mobutu et à la guerre survenue avec l’avènement de Laurent Désiré Kabila au pouvoir en 1996.
Partenariat
Pour promouvoir les bonnes pratiques et les expériences réussies ailleurs, l’AFCOF sollicite le partenariat des collectivités territoriales françaises, des organismes nationaux et des institutions financières internationales de manière à apporter un appui à l’épargne des congolais de France dans le cadre du projet PADECK. L’appui financier sollicité aura pour but de construire à côté des logements des épargnants, des structures sociales complémentaires sur le site : école, dispensaire, jardin d’enfants, gymnase, bureau de poste, salle de spectacle…
Dans ce processus, les financements internationaux seront indispensables pour garantir un appui à la formation dans les stratégies de développement économique qui comprend l’accès aux financements mêmes, l’appui au développement d’une économie de proximité, le développement des industries culturelles et la dynamique de la coopération économique.
Résultats attendus
- Effectuer une mission d’évaluation et de prospection sur le terrain à Kinshasa avec une entreprise stéphanoise,
- Conduire une étude sur le soutien au développement de la cité de Kinkole dans le domaine de la restauration des infrastructures et des établissements sociaux susceptibles de réanimer la commune de Nsele,
- Créer des opportunités propices au jumelage de la commune de Nsele avec les collectivités territoriales françaises,
- Négocier avec les chefs coutumiers de Kinkole, l’Administrateur de la commune de Nsele, le service de cadastre pour définir les modalités d’acquisition du terrain choisi.
Conclusion
Les transferts de fonds de la diaspora congolaise en faveur de leurs familles s’évaluent en millions d’euros. Cependant, 80 % de ces transferts sont destinés à la consommation courante des ménages ou aux dépenses de prestige, au détriment des investissements productifs.
La République démocratique du Congo par l’entremise de son Ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba a souligné lors de l’ouverture du forum économique de la diaspora congolaise, le 20/08/2009 à Kinshasa, le soutien du gouvernement congolais en matière de mobilisation des ressources, et envers les nouveaux partenaires pour un espace économique de plus en plus compétitif.
La volonté du gouvernement congolais d’améliorer le climat des affaires et les transactions commerciales nécessaires au développement du pays se traduit par de nombreux accords multilatéraux signés ces cinq dernières années. La publication du nouveau code des investissements et du décret N° 08/06 du 26 mars 2008 portant création d’un Conseil national de mise en œuvre et de suivi du processus de la décentralisation en République démocratique du Congo en rapport avec la loi organique N° 08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et fonctionnement des entités territoriales décentralisées et leurs rapports avec l’Etat et les provinces en sont des exemples.
Annexe 1
Annexe 2
Annexe 3
mardi 12 janvier 2010
Les transferts de fonds des migrants dans leurs pays d’origine constituent une manne financière, qui ne cesse d’enrichir les débats tant auprès des institutions de développement et de régulation au niveau international, que des Etats d’accueil des migrants et des pays de migrants eux-mêmes.
Les flux tels que mesurés par la Banque mondiale ont plus que doublé depuis 2001 pour atteindre 200 milliards de dollars en 2006 et même plus de 300 milliards selon le mode d’évaluation du Fida (Fonds International des Nations Unies pour l’Agriculture). En France, le montant cumulé des transferts de migrants des principales diasporas s’élèverait à 8 milliards d’euros par an.
Depuis lors, plusieurs approches sont mises en œuvre pour drainer les flux des migrants vers leurs pays d’origine selon des canaux formels et assurer la valorisation de leur argent gagné durement dans les pays d’accueil.
Les migrants occupant des emplois faiblement qualifiés, soit 75 % transfèrent de 10 à 15 % de leurs revenus, soit entre 100 et 160 euros par mois et par migrant. Cet argent est destiné à la consommation familiale des bénéficiaires : dépenses d’alimentation, de santé, d’éducation et de cérémonies socioculturelles, voire religieuses. Une part minime entre 25 et 60 % des montants transférés sont consacrés à l’investissement dans leurs pays d’origine par des migrants ayant un emploi qualifié.
Dans ce processus, le secteur immobilier occupe la première place. Bon gré malgré, ces initiatives isolées ne permettent pas de donner un coup de pousse à l’économie locale. Cependant, le secteur immobilier constitue un segment de marché très attractif pour le secteur bancaire de par son volume. Son développement permettra à court et à moyen terme de faire baisser les coûts des transferts qui pourraient devenir à leur tour un produit d’appel pour les migrants. Entre temps, il devrait inciter au même moment les banques à élargir leurs réseaux de collecte et de distribution, contribuant ainsi à une plus grande bancarisation de la population bénéficiaire.
Ces mouvements des capitaux vers les pays des migrants ne laissent pas en reste les pays d’accueil. Primo, sur les sommes d’argent transféré, les pays d’accueil gagent 25 % générés par les frais de transfert, en laissant 75 % au profit de destinataires. Secundo, les pays d’émigration participent à l’évolution de l’offre bancaire de produits spécifiques pour les migrants dans leurs pays. Les cas du Maroc et du Portugal.
Sous l’effet de la concurrence, tout particulièrement sur le marché marocain, les filiales des groupes français, par la coordination de leur maison mère et en cohérence avec d’autres arbitrages stratégiques : niveau de spéculation sur le marché de détail, redéploiement international… ont ajusté leur offre aux migrants.
Ce double mouvement crée des marchés matures avec un volume d’affaires important et une dynamique concurrentielle débouchant sur une offre d’un package de produits dédiés qui devient un standard sur ces corridors.
L’Association des Familles Cosmopolites en France – AFCOF, qui œuvre dans le cadre de la coopération décentralisée et de la solidarité internationale, et forte de sa réflexion dans le domaine du Co-développement depuis deux ans, a initié un programme d’Actions et de Développement en direction du Congo Kinshasa, dénommé PADECK.
Ce programme consiste à ouvrir un compte épargne en France des ressortissants congolais et volontaires qui placeront cent euros par mois pour la construction en leur faveur des logements en République Démocratique du Congo, notamment à Kinkole dans la périphérie de Kinshasa. Le programme permettra aux immigrés congolais, candidats au retour volontaire, vacanciers, retraités et personnes qui aimeraient avoir une résidence secondaire dans ce pays d’avoir un logement décent.
Le PADECK est un programme original qui ambitionne de créer un pôle de développement par la construction d’un quartier d’habitat moderne avec au minimum cent personnes au démarrage. Une entreprise en BTP du lieu du siège de l’AFCOF, la Ville de Saint-Etienne en l’occurrence, sera désignée selon les modalités à convenir pour entreprendre des travaux à Kinshasa dans le but de créer l’emploi à Saint-Etienne et à Kinshasa. Les mises des épargnants constitueront de la sorte un fonds de garantie pour l’entreprise, qui effectuera la prospection du terrain à Kinshasa, et la présentation du coût global du projet et des logements types.
Dans cette optique de développement intégré, une mise en place des partenariats innovants entre associations, banques, collectivités territoriales, sociétés technologiques ou monétiques et des opérateurs d’appui spécialisés sur la base d’une convergence d’intérêts stratégiques, sociaux et commerciaux s’avère indispensable pour mener à bon port ce projet.