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Fin du 16ème : expansion,
développements, progrés
La roue de
l'histoire tourne, comme on dit ; en
cette fin de seizième siècle, elle tourne
vite, au point que la physionomie générale
de l'Europe se modifie et que chacun
des grands pays qui la composent voit son
visage se remodeler. La France, par exemple.
Le deuxième demi-siècle est crucial pour
elle, des mutations profondes
s'accomplissent dans la société. La
première moitié de ce siècle a vu
l'expansion de la démographie, le
développement économique,
l'accroissement des richesses, un
certain progrés des techniques bien
qu'insuffisant au regard des besoins
notamment dans l'agriculture - notons
en particulier l'utilisation plus
fréquente du fer dans la fabrication des
objets et la multiplication des forges et
des fonderies (comme ici à Faverges), au
point que le roi François Ier se croit
obligé en 1543 d'ordonner une réduction
du nombre de forges à fer car, écrit-il,
"Il y a en ce royaume plus de quatre
cent soixante forges. Il y en a plus de
quatre cens érigées depuis cinquante ans ;
par chaque an il s'en érige vingt-cinq
ou trente. Les forgerons sont les plus
riches et opulents de ce royaume." Le
textile, l'imprimerie, la papeterie,
l'édition, prennent un essor
considérable. Là encore nous retrouvons
Faverges, Annecy, la Savoie et leurs
relations industrielles et commerciales avec
l'Italie, Genève, Lyon.
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Fin du 16ème : bouillonnement
d'idées... et de misère
C'est à un
formidable bouillonement que nous assistons
du début à la fin du XVIème siècle, au
travers de luttes d'idées, de révoltes
(comme en Allemagne avec la guerre des
paysans et leur chef Thomas Munzer), de
répressions terribles, de massacres, de
persécutions, de ruines et de misères. Mais
avec des manifestations d'humanisme, de
progrés techniques, économiques,
d'exigences fondamentales, qui ouvrent
la voie à des transformations sociales qui
auront encore à se développer et à
l'encontre desquelles joueront les
résistances des puissants, la force des
appareils d'Etat, des lois, des
institutions, des structures féodales
maintenues par la monarchie et mises de plus
en plus fortement en doute et en cause par
le développement des forces productives et
par le mouvement des idées. Ces
développements, ces luttes et ces
transformations vont s'effectuer dans
le cadre des nations - Etats qui se forgent
et des sociétés qui se constituent au sein
de chaque pays avec leurs propres
particularités au sein de rapports sociaux
extrêmement divers, de relations plus ou
moins ouvertes dans le cadre de la ville ou
de la campagne, de la province, de la nation
ou des nations entre elles.
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