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Mais où est Saluces ??
Il existe toujours un
prétexte, une raison secondaire au
déclenchement d'une guerre, qui
recouvre des objectifs dissimulés, voire une
stratégie globale. En l'occurence, le
motif de la déclaration de guerre de la
France à la Savoie, émise par Henri IV le 11
août 1600, réside dans la possession
d'un petit bout de pays, le marquisat
de Saluces en Piémont, qui s'étendait
jusqu'aux environs de Turin, qui
appartenait à la France et dont
Charles-Emmanuel s'était emparé 11 ans
auparavant, à l'automne 1588 sans
déclaration de guerre, profitant des
difficultés du roi Henri III aux prises avec
la Ligue d'Henri de Guise. Aprés de
nombreux et longs épisodes d'hostilité,
de négociations, de guerre, le traité de
Vervins est conclu le 2 mai 1598, sous les
auspices du pape Clément VIII ; il met fin à
la guerre entre la France et la Savoie, tout
au moins théoriquement. En effet, ce traité
ne tranche pas la question du marquisat de Saluces.
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Nous assistons alors à
une intense activité diplomatique de Charles
Emmanuel pour tenter de s'approprier en
droit le Marquisat qu'il avait acquis
par la force.
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Fastes pour séduire le Roi.
Insatisfait du traité,
Charles Emmanuel se rend le 14 décembre 1599
à Fontainebleau avec le ferme intention de
convaincre Henri IV à lui laisser le
Marquisat de Saluces. Il déploie les fastes
de sa cour, répand l'or à foison, tente
de négocier. Non seulement le Roi ne cède en
rien, mais impose le traité de Paris, le 27
juin 1600, par lequel le Duc s'engage à
la restitution du marquisat de Saluces ou, à
défaut, à la cession de la rive droite du
Rhône à la France. Revenu en Piémont, le duc
élude l'application de ce traité.
Alors, Henri IV, à ce moment là libéré de la
pression militaire espagnole, peut prendre
l'initiative en Savoie, et déclarer la guerre.
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Et c'est ainsi que Henri IV arrive
Le 5 octobre, un jeudi,
le voici à Annecy où il loge au Château.
Lettre du 8 octobre : "Je partirai
d'ici demain, et j'irai à Beaufort
par Faverges." Le 9 octobre, Henri IV
quitte Annecy par le lac, passe à Duingt et
va coucher à Faverges. Le 10 octobre, il
arrive à Beaufort. Il effectuera un second
passage à Faverges, en novembre, revenant de
Genève et se rendant à nouveau à Beaufort.
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En élargissant une
nouvelle fois notre champ de vision, nous
apercevons l'ensemble des visées
stratégiques, politiques et militaires de
Charles Emmanuel. Duc depuis 1580 (il avait
18 ans), il épouse en 1585 l'infante
Catherine, fille du roi d'Espagne,
Philippe II, alors à l'apogée de sa
puissance. Ce n'est pas le penchant du
coeur qui l'a amené à ce mariage, mais
un choix politique : l'alliance avec
l'Espagne plutôt qu'avec la
France, alors qu'il avait envisagé un
moment de prendre pour épouse la nièce
d'Henri III, le roi de France. Cette
décision cadre bien avec ses ambitions ;
dans un premier temps, il compte reprendre à
la France le marquisat de Saluces (qui, nous
venons de le voir, jouera un rôle important
dans les conflits ultérieurs). Son esprit et
son regard se tournent, dans le même temps,
vers Genève devenue une des grandes
capitales spirituelles de l'Europe avec
le Réforme et l'action de Calvin qui
organise et structure l'Eglise
protestante ; Charles-Emmanuel développe ses
menées politiques et militaire avec
l'objectif d'imposer à a petite
république genevoise la reconnaissance de la
souveraineté du duché de Savoye. Enfin, il
tient compte de l'affaiblissement de la
France où les guerres civiles embrassent le
pays, où le roi se révèle incapable de faire
face aux menées des factions ; le rêve de
Charles-Emmanuel s'inscrit dans cette
situation européenne dominée par un rapport
de forces favorables à l'Espagne. Le
duc pense que l'heure est venue
d'agir en direction des trois objectifs
qu'il s'est fixé : l'Italie
où il est installé dans le Piémont, Genève,
la France où il escompte établir sa
puissance de la Bourgogne, à Lyon, au
Duaphiné et à la Provence.
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