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Jules MICHELET raconte la
guerre de Savoie
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Savoie (1531 - 1585)
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Jules MICHELET raconte la
guerre de Savoie
Voici une histoire très
favorable à Henri IV et à Sully.L'oeuvre
civilisatrice d'Henri IV est une bénédiction
pour "le savoyard",mais semble
s'étendre avec plus de difficultés aux
relations amoureuses du Roi...
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Jules MICHELET raconte la guerre de Savoie
Entre l'événement
de Newport et le manifeste, en un mois,
Sully, avec une activité et une énergie
incroyables,avait transporté de Paris à
Lyon l'énorme matériel qu'il
préparait depuis un
an.L'artillerie étant placée dans
la main qui tenait déjà les finances, il y
eu une formidable unité d'action. Sully
agit en dictateur ; il suspendit les
paiements pour toute la France, tourna tout
l'argent à la guerre.Il destitua
en une fois tous les nobles fénéants du
corps de l'artillerie et leur substitua
des hommes capables.La France eut
toujours le génie de cette arme, dès
qu'on l'a laissée agir. (...)
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Le "Savoyard" entre en scène !
Le Savoyard se trouva
pris au dépourvu.Avec tout son esprit,
il n'avait pas prévu trois choses :
d'abord cette rapidité ; il
croyait que l'on trainerait
jusqu'à l'hiver, où ses neiges
l'auraient défendu.Ensuite il ne
devinait pas que la guerre serait poussée
entièrement par l'artillerie, qui
abrègerait à coups de
foudre.Troisièmement, il pensait que
Biron pourrait trahir. Cette destitution de
tant de vieux officiers paralysa entièrement
sa mauvaise volonté.Il commanda ; mais
entouré, surveillé par les hommes de Sully,
il ne put que marcher droit,et le
malheureux fut contraint d'aller de
victoire en victoire. (...)
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Une première "guerre d'hommes"
Le 17, Lesdiguières,
non moins rapide, enleva la forte place de
Montmélian, qui couvrait toute la Savoie
;la citadelle tint seule, mais il
l'assiégea, la serra. Le roi arrivait,
et le 20, il fut devant Chambéry,la
capitale du pays, qui se rendit
sur-le-champ. L'épouvante était extrême
d'une telle rapidité,mais non
moins l'admiration pour l'humanité
du roi, qui disait qu'il ne faisait la
guerre qu'au duc,point aux
habitants. Voilà une guerre toute nouvelle,
la première guerre d'hommes. Avant,
après Henri IV(surtout dans celle de
Trente Ans), ce sont des guerres de bêtes
féroces, bien pis, des guerres de soldats
traîtres,qui se ménagent entre eux pour
manger à leur aise le pauvre habitant
désarmé. Le duc avait dit : "Il faudra
quarante ans." Il fallut quarante
jours,sinon pour terminer la guerre, au
moins pour la décider.
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Ses petits forts de
Savoie, sur des pics, sur des passes
étroites,semblaient imprenables.Et
il y avait prés du roi plus d'un
personnage douteux qui espérait qu'on
échouerait.Mais Sully était là en
personne, et autour de lui la terreur de son
pénétrant regard.Quels furent les
instruments habiles qu'il employa, les
hommes de génie obscurs qui vainquirent ces
difficultés et menèrent si bien
l'intrépide financier dans cette guerre
inconnue des Alpes ?On ne le sait. Ce
qui est sûr, c'est qu'en un moment
on perça la longue vallée jusqu'au mon
Cenis.Et, un pas de plus, on descendait
au Piémont.
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Mais pour mener la bataille il n'y
avait pas que "des génies obscurs" !
(...) La dot de la
Florentine n'avait pas peu contribué à
rendre ces succés possibles.Le malheur
c'est qu'après la dot il fallait
recevoir la fille. Le roi y songeait si peu,
qu'il envoya à Henriette les premiers
drapeaux pris sur la Savoie
(septembre).Il voulait la consoler.
Par-dessus le parjure du roi et la perte de
ses espérances, elle avait eu un grand
malheur.Le tonnerre tomba dans sa
chambre, et elle accoucha, mais d'un
enfant mort.Elle se fit pourtant porter
jusqu'à Lyon, jusqu'à Chambéry, où
était Henri. Il y vit l'état
misérable de tristesse et de désespoir où
cette fille, si jeune encore, vendue des
siens, trahie par lui, était tombée ;
la pauvre rieuse ne faisait plus que
pleurer. Il était tendre,son coeur se
souleva tout entier pour elle et contre
lui-même.Il voulut du moins la tromper,
la calmer. Il lui dit que, s'il pouvait
se tirer de son mariage politique,il
lui ferait épouser un prince de sang, le duc
de Nevers.
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Michelet est l'un des
grands historiens romantiques.Son ambition
était d'interpréter la totalité des expériences
humaines.Sa façon d'expliquer
l'histoire à la fois par de grands et de petits
événements,et par une grande diversité de
registres (la guerre de Savoie
s'expliquepar l'artillerie,
l'argent, etc...), malgré son coté désuet,
devraitetre aujourd'hui "revisitée"...
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