contact@diaam.com
Realise avec le systeme 'diaam'. Cliquez ici pour en savoir plus !

image précédente
   image suivante
Page d'accueil
*  Henri IV
! Jules MICHELET raconte la guerre de Savoie
*  Le voyage de Henri IV en Savoie pendant le siège de Montmélian
*  Charles-Emmanel 1er face à Henri IV
*  1600 - Une nouvelle donne en Europe
*  D'une raison secondaire...
*  La roue de l'histoire
*  La roue de l'histoire
*  Histoires de calendriers
*  Faverges brûle-t-il ?
*  Une couronne qui pèse lourd dans la balance de l'Histoire
*  Un printemps chaud à Paris
*  La métalurgie en Europe
*  Faverges à l'aube des temps modernes
*  Guerres de religion ou guerres civiles ?
*  Ah mon beau château de 1600
*  Un héros de roman : Jacques de Savoie (1531 - 1585)
 

Jules MICHELET raconte la guerre de Savoie

Voici une histoire très favorable à Henri IV et à Sully.L'oeuvre civilisatrice d'Henri IV est une bénédiction pour "le savoyard",mais semble s'étendre avec plus de difficultés aux relations amoureuses du Roi...

 
 

Jules MICHELET raconte la guerre de Savoie
Entre l'événement de Newport et le manifeste, en un mois, Sully, avec une activité et une énergie incroyables,avait transporté de Paris à Lyon l'énorme matériel qu'il préparait depuis un an.L'artillerie étant placée dans la main qui tenait déjà les finances, il y eu une formidable unité d'action. Sully agit en dictateur ; il suspendit les paiements pour toute la France, tourna tout l'argent à la guerre.Il destitua en une fois tous les nobles fénéants du corps de l'artillerie et leur substitua des hommes capables.La France eut toujours le génie de cette arme, dès qu'on l'a laissée agir. (...)

Le "Savoyard" entre en scène !
Le Savoyard se trouva pris au dépourvu.Avec tout son esprit, il n'avait pas prévu trois choses : d'abord cette rapidité ; il croyait que l'on trainerait jusqu'à l'hiver, où ses neiges l'auraient défendu.Ensuite il ne devinait pas que la guerre serait poussée entièrement par l'artillerie, qui abrègerait à coups de foudre.Troisièmement, il pensait que Biron pourrait trahir. Cette destitution de tant de vieux officiers paralysa entièrement sa mauvaise volonté.Il commanda ; mais entouré, surveillé par les hommes de Sully, il ne put que marcher droit,et le malheureux fut contraint d'aller de victoire en victoire. (...)

Une première "guerre d'hommes"
Le 17, Lesdiguières, non moins rapide, enleva la forte place de Montmélian, qui couvrait toute la Savoie ;la citadelle tint seule, mais il l'assiégea, la serra. Le roi arrivait, et le 20, il fut devant Chambéry,la capitale du pays, qui se rendit sur-le-champ. L'épouvante était extrême d'une telle rapidité,mais non moins l'admiration pour l'humanité du roi, qui disait qu'il ne faisait la guerre qu'au duc,point aux habitants. Voilà une guerre toute nouvelle, la première guerre d'hommes. Avant, après Henri IV(surtout dans celle de Trente Ans), ce sont des guerres de bêtes féroces, bien pis, des guerres de soldats traîtres,qui se ménagent entre eux pour manger à leur aise le pauvre habitant désarmé. Le duc avait dit : "Il faudra quarante ans." Il fallut quarante jours,sinon pour terminer la guerre, au moins pour la décider.


Ses petits forts de Savoie, sur des pics, sur des passes étroites,semblaient imprenables.Et il y avait prés du roi plus d'un personnage douteux qui espérait qu'on échouerait.Mais Sully était là en personne, et autour de lui la terreur de son pénétrant regard.Quels furent les instruments habiles qu'il employa, les hommes de génie obscurs qui vainquirent ces difficultés et menèrent si bien l'intrépide financier dans cette guerre inconnue des Alpes ?On ne le sait. Ce qui est sûr, c'est qu'en un moment on perça la longue vallée jusqu'au mon Cenis.Et, un pas de plus, on descendait au Piémont.

Mais pour mener la bataille il n'y avait pas que "des génies obscurs" !
(...) La dot de la Florentine n'avait pas peu contribué à rendre ces succés possibles.Le malheur c'est qu'après la dot il fallait recevoir la fille. Le roi y songeait si peu, qu'il envoya à Henriette les premiers drapeaux pris sur la Savoie (septembre).Il voulait la consoler. Par-dessus le parjure du roi et la perte de ses espérances, elle avait eu un grand malheur.Le tonnerre tomba dans sa chambre, et elle accoucha, mais d'un enfant mort.Elle se fit pourtant porter jusqu'à Lyon, jusqu'à Chambéry, où était Henri. Il y vit l'état misérable de tristesse et de désespoir où cette fille, si jeune encore, vendue des siens, trahie par lui, était tombée ; la pauvre rieuse ne faisait plus que pleurer. Il était tendre,son coeur se souleva tout entier pour elle et contre lui-même.Il voulut du moins la tromper, la calmer. Il lui dit que, s'il pouvait se tirer de son mariage politique,il lui ferait épouser un prince de sang, le duc de Nevers.
 

Michelet est l'un des grands historiens romantiques.Son ambition était d'interpréter la totalité des expériences humaines.Sa façon d'expliquer l'histoire à la fois par de grands et de petits événements,et par une grande diversité de registres (la guerre de Savoie s'expliquepar l'artillerie, l'argent, etc...), malgré son coté désuet, devraitetre aujourd'hui "revisitée"...