|
De mars 1562 (massacres
de protestants par des catholiques qui
refusent la tolérance) au mois d'avril
1598 (promulgation de l'Edit de
Nantes), on compte huit guerres de religion,
ainsi dénommées parce qu'elles opposent
les papistes aux huguenots, de part et
d'autre organisés en factions avec
leurs institutions, leurs gouvernements,
leurs armées, leurs chefs de guerre.
|
|
Ce n'est plus
seulement la libre inteprétation des
Evangiles qui est en jeu, mais ce sont les
questions fondamentales du royaume : les
problèmes politiques, au premier plan le
pouvoir, celui du roi ou des féodaux, la
monarchie absolue ou le règne des fiefs ;
les problèmes sociaux avec l'émergence
d'une bourgeoisie de plus en plus
active ; les conditions du peuple en proie à
la misère, à la maladie, à la sujétion, à
l'occupation étrangère ; les problèmes
économiques avec les contradictions entre
développement démographique, progrès des
connaissances et des techniques, structures
sociales et institutions fondées sur des
systèmes de castes.
|
|
Il est commode
d'invoquer la foi, la religion, afin de
justifier le fanatisme et les horreurs de
ces guerres où les deux partis ont fait
preuve d'acharnement et de cruauté,
tandis que le peuple tout entier, dans toute
la France, subissait les combats, la
destruction, les ruines, le démembrement du
pays, l'anéantissement des valeurs
sprirituelles et humaines.
|
|
Il convient
d'analyser avec exactitude la nature et
les causes de ces guerres, et par conséquent
de ne pas attribuer à la seule religion,
c'est à dire à l'aspiration des
gens à exercer librement leurs besoins
spirituels, des responsabilités qui
incombent pour l'essentiel à
l'esprit d'intolérance ainsi
qu'à l'appétit du pouvoir et des privilèges.
|
|