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Fait divers : sur une plage au bord du lac d'Annecy...

Une affaire rapportée dans le Dauphiné Libéré du 1er mars 2001 témoignent
du malaise que renvoie la femme abusée sexuellement dans la société
actuelle.

 
 

Jalousie excessive au bord du lac
Un homme, voyant sa concubine partir vers la plage avec
une copine et un cousin, s'imagine que le cousin va s'amouracher de sa
femme, et commence par se battre avec lui, puis impose un rapport sexuel
violent à sa concubine. Il se retrouve devant les tribunaux quelques temps après.

Les assistantes sociales fautives
La dame semble être restée amie avec le monsieur. Elle se
désole des proportions prises par cette affaire. Si la justice est intervenue, la défense a eu beau jeu de faire remarquer que c'est de la faute des assistantes sociales, qui ont poussé la dame à aller porter plainte.


Par ailleurs, le monsieur étant turc, la "victime", sa femme, fait
remarquer qu'il faut replacer cette affaire dans son contexte culturel.
L'appartenance à une culture étrangère pourrait-elle être une
excuse valable à l'agression sexuelle et au viol ?


Ce n'est que depuis vingt ans que le droit français reconnaît que la femme mariée peut être victime de viol par son mari. Pour qu'à l'époque, en 1981, la Cour de cassation franchisse ce pas, c'est que le mari avait
violé sa femme accompagné d'un ami, et l'avait en outre lacérée d'un
couteau coupe-moquette...


Certes, la femme mariée ou en concubinage est présumée consentir aux relations sexuelles avec son conjoint (et heureusement !) ; le viol est
néanmoins constitué lorsque l'on peut apporter la preuve qu'elle ne
voulait pas ce jour-là (ce qui semble être le cas dans cette affaire,
puisqu'il est dit que le conjoint a imposé un rapport sexuel violent).


On peut a priori en conclure que les juges sont décidément bien sexistes. On peut également se dire que leurs jugements sont le reflet d'un certain état de conscience de la société. Et si notre société actuelle évolue, et qu'il semble globalement acquis qu'un homme est censé respecter le refus de sa femme (et inversement !), cet article témoigne que nous ne sommes pas encore si clairs que nous le prétendons sur la question du viol. Cette complaisance malsaine que notre société avait à l'égard du viol intra-couples ne se reporterait-elle pas pour partie sur les relations imposées dans les cultures différentes ?


Le viol constitue actuellement une atteinte fondamentale à l'intégrité de
la personne. C'est pourquoi c'est un crime jugé en cour d'assises.
Affirmer que des appartenances étrangères justifieraient un comportement criminel, n'est-ce pas mépriser ces mêmes personnes comme incapables intrinsèquement d'accéder aux valeurs fondamentales du respect de la dignité d'autrui ? Nous ne connaissons pas le détail de cette affaire ; nous n'en connaissons que ce qui en est relaté via la presse. Il ne s'agit pas de prendre parti sur la culpabilité du conjoint. Simplement, le commentaire de cette
affaire et sa défense, eu égard à l'origine ethnique des personnes amènent à penser qu'il subsisterait encore des "ilôts" de sous-catégories de personnes non accessibles aux valeurs, et de la part desquelles il faudrait être indulgent lorsqu'il commettent des infractions. Les considérer ainsi, n'est-ce pas participer au mépris de l'homme comme celui de la femme ?
 

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LA PROTECTION DU CORPS DE LA FEMME EN FRANCE EN 2001 / Fait divers : sur une plage au bord du lac d'Annecy... / La femme a son corps défendant : questions du public (conférence à Faverges en avril 2001) /
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