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LA PREHISTOIRE DE L'ESCRIME :
NAISSANCE D'UN MYTHE
Le droit de possèder
une épée était réservé chez les celtes aux
hommes libres. Plus tard, au moyen-age, la
tradition solidement ancrée voudrait que
seuls les chevaliers aient eu le droit de la
porter. Si ce mythe médiéval vient de la
confusion des auteurs du XIXème siècle à
propos du "glaive" du chevalier
(en fait, sa lance), il n'en demeure
pas moins que l'épée est attachée à
ceux dont la fonction sociale était de
protèger les autres. Détenteur de la
puissance militaire, cet ordre social
n'a pas tardé à prendre et à garder le
pouvoir. Mais l'idée de l'épée
symbole de protection et de justice est
resté, meme si la réalité en était assez éloignée.
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LA FIN DU MOYEN-AGE : L'ESCRIME
APPARAIT... PAR LA PETITE PORTE
La notion
d'escrime structurée apparait de façon
certaine à la fin du XIVème siècle. Le
chevalier du moyen-age apprend à combattre
avec, entre autre, une épée, mais son arme
principale est sa lance. L'escrime
n'est pour lui que "ruses de
manants", et ce serait déchoir que
d'apprendre de telles techniques. Cette
attitude générale souffre certainement des
exeptions, mais la mentalité de cette époque
reste : je suis protégé par mon armure, je
frappe fort et j'encaisse les
coups. En revanche parmis la
soldatesque, où les protections sont
moindres, on commence à s'intéresser à
une technique permettant de se débarrasser
rapidement de son ennemi en survivant au
combat. Des individus expérimentés
apparaissent qui enseignent leurs
"trucs" à leurs compagnons : ce
sont les "Maitres Joueurs
d'Espée", ancetres des Maitres d'Armes.
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LA RENAISSANCE : LE COMMENCEMENT
La renaissance amène de
grands bouleversements dans l'art
militaire. La chevalerie a prouvé à ses
dépens qu'elle n'était pas capable
d'emporter seule la décision sur le
champ de bataille. L'armée de la
renaissance est constituée en grande partie
de fantassins mercenaires spécialisés
d'une redoutable efficacité. Apparait
pendant cette période une arme qui va
révolutionner la guerre :
l'arquebuse. Dans ce contexte,
l'armure perd progressivement son
intérèt défensif, meme si des corps
cuirassés existeront encore longtemps.
Parallèlement, les nobles commencent à
porter l'épée dans le civil, autant
comme arme de défense en ces temps peu surs
que comme symbole de leur rang. Le duel
judiciaire est aboli au profit d'une
justice institutionnelle. La noblesse,
autant pour marquer son indépendance vis à
vis du pouvoir que pour affirmer son statut
guerrier, va, particulièrement en France,
s'adonner à un "jeu" mortel :
le duel.
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LES DEBUTS DE L'ESCRIME
Développée au départ
sur le champ de bataille, l'escrime va
entrer dans le domaine civil avec les memes
techniques. Au XVème siecle et au début du
XVIème, les épées sont des armes
essenciellement de taille. Dans les
premières salles d'armes, on utilise
l'épée "rebattue", c'est
à dire au tranchant neutralisé, et l'on
interdit les coups de pointe, trop dangereux
à l'entrainement. Cependant les
premiers traités, à propos de l'escrime
militaire et du duel judiciaire, montrent
l'utilisation de la pointe pour frapper
les défauts de l'armure [Du Flos
Duellatorum(1410), Talhoffer(1433, 1467)].
Ces traités montrent l'utilisation
d'armes diverses, du marteau
d'armes à l'épée seule en passant
par la grande épée (à deux mains),
l'épée accompagnée du bouclier,
l'épée courte (Dusack ou catzbalger en
allemagne), le poignard ou la lutte... Les
Maitres d'armes de l'époque
pratiquent un grand nombre d'armes
issues du domaine militaire.
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LE DUEL ET LA RECHERCHE TECHNIQUE
La mode du duel privé
amène la noblesse dans les salles
d'armes. Pendant le XVIème et au début
du XVIIème siècle, la référence en matière
de technique est l'italie. Les Maitres
d'Armes des rois de France viennent de
ce pays, et il est de bon usage pour la
noblesse française d'y aller apprendre
la science des armes.Un grand débat
agite les spécialistes de cette époque :
vaut-il mieux utiliser le tranchant de
l'épée, où la pointe ? Si Marozzo vers
1530 utilise le tranchant, Agrippa vers la
meme époque préconise l'usage de la
pointe. Chacun éssaie de proposer en
fonction de ses connaissances un système
raisonné d'utilisation de l'épée,
dont les principes puisse etre appliqués aux
autres armes.La pratique du duel
imposera, au début du siècle suivant, la
supériorité de la pointe, qui frappe plus vite.
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L'EVOLUTION DES ARMES
Au cours du XVIème
siècle, l'épée de prédilection est la
Rapière. Issue des armes de guerre, cette
épée est capable de frapper aussi bien de
taille que d'estoc (pointe).
L'évolution de la technique du duel
vers l'escrime de pointe va amener deux
transformations majeures de cette arme :
d'une part, sa garde s'étoffe pour
mieux protèger la main, d'autre part sa
lame s'affine et s'allonge pour
gagner la distance sur l'adversaire. La
rapière n'est que rarement utilisée
seule. Elle est accompagnée dans la main
gauche d'un petit bouclier, du manteau
ou plus tard de la dague. La rapière sert à
frapper, l'arme dans la main gauche à
se garantir des coups de l'adversaire.
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L'ARME D'ENTRAINEMENT ET LA
RECHERCHE DE LA PERFECTION
Au début du XVIIème
siècle apparait une arme spécifiquement
destinée à l'entrainement : le Fleuret.
Cette arme à la lame (relativement) souple,
à la pointe neutralisée par une mouche,
permet l'étude systématique de
l'art de l'escrime de pointe,
seule désormais valable sur le pré. A
l'aide de cet instrument, les Maitres
d'Armes n'auront de cesse de
rechercher "Le" coup parfait, la
botte imparable. Cette recherche se
poursuivra jusqu'au début du XXème
siècle, ajoutant de nouveaux coups,
recherchant de nouvelles théories plus
efficaces...L'apparition du masque,
vers 1750, permettra de se livrer sans
retenue lors des assauts en salle, mais le
but est toujours le meme : tuer son
adversaire lors du prochain duel.
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LA SALLE D'ARMES
La Salle d'Armes
est le lieu dans lequel un escrimeur vient
pour se former ou s'entrainer. Mal
famées au début du XVIème siècle, ces salles
ont progressivement acquis leurs lettres de
noblesse. Leur renommée varie d'une
salle à l'autre, en fonction du Maitre
d'Armes qui la dirige et des
personnalités qui la fréquentent. Cela est
encore vrai de nos jours.Jusqu'au
XVIIIème siècle, les Salles d'Armes
sont ouvertes au public qui peut assister
aux assauts. La salle est autant un lieu de
rencontre entre gens d'épée qu'un
lieu d'entrainement.Fréquentées
par une clientèle souvent turbulente, les
Salles d'Armes ont un règlement
draconnien : règles de comportement, de
bienséance, de sécurité, les Maitre
d'Armes et leurs prevots y font regner
une discipline de fer.
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LA MUTATION VERS LE SPORT
Au XIXème siècle, si le
duel existe encore, il s'arrète
généralement au premier sang. L'escrime
de salle utilise toujours le fleuret pour
l'apprentissage, mais la technique de
cette arme, bien que poussée à sa
perfection, ne reflete plus la réalité du
terrain. Copie neutralisée de l'arme de
duel, l'épée telle que nous la
connaissons fait son apparition dans les
Salles d'Armes. Contrairement au
fleuret dont les conventions sont basées sur
le combat à mort, et où l'on accepte
implicitement la blessure si l'on tue
son ennemi, l'épée ne connait
qu'une règle : toucher, sans etre
touché.Dans les salles militaires, où
l'escrime est longtemps resté en tant
qu'école de maintien, on pratique
également le sabre. Cette arme utilisant
principalement le tranchant est maniée par
les cavaliers et certains fantassins. Alors
que l'épée a perdu tout intérèt sur le
champ de bataille, l'arme de taille y
est restée car adaptée aux corps à corps de masse.
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LE SPORT, AUJOURD'HUI
L'escrime
d'aujourd'hui n'a plus la
meme figure. Le but est de toucher et les
armes sont électrifiées pour permettre la
matérialisation des touches. Si
l'aspect extérieur a changé, les Salles
d'Armes existent toujours, dirigées par
leurs Maitre d'Armes. Le duel
appartient désormais au passé, mais
l'escrimeur cherche toujours à vaincre
son adversaire. Et dans nombre de salles, on
retrouve encore les valeurs qui on fait
perdurer l'escrime jusqu'à nos jours.
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